Experiment Australie : Ferme Number 4, L’outback

Number 4 : Tanamera Station

    – Vers le cœur du pays, l’outback –

 

24 heures de train pour arriver à Longreach. Et j’ai vraiment très faim là. La serveuse du train me réveille dans un sommeil secoué. Elle me file tous les sandwiches en triangle et les boissons du bar invendus. Ça rentre péniblement dans le sac. Il est 6 heures du soir, le soleil rouge qui tombe sur l’horizon me laisse moins d’une heure de lumière pour trouver l’hôtel backpacker de Longreach. J’arrive à ma seule adresse : Fermé pour travaux.

Ok, je marche. Il se trouve que cette semaine à Longreach, un grand rodéo et une vente de bétail remplissent les bars et hôtels de la ville. PAS un lieu. Le sac est lourd là. Ça y est il fait nuit, et froid. Deux voyageurs en van m’emmènent faire le tour de la ville à la recherche d un endroit… Dans le motel le plus cher de la ville, il y aurait un type qui n’aurait pas confirmé sa réservation. Je commence à parler avec la dame de l’accueil : elle a un fils, je lui fais penser à lui et tout et tout. Elle n’aurait jamais eu le droit de me mettre a la place du client qui a réservé, et pire, de ne pas me faire payer sous prétexte que je vis sans argent !

 » Demain je lave la chambre, et toutes les autres… Personne ne verra que je serai passé. J’utiliserai pas la douche !!!  » Elle me dit : va a l’œuvre de charité de la ville, demande s’ils peuvent t’aider et dans tous les cas reviens pour me dire où tu dors. Rien n’est gagné… Il est 22h. Je me tape 24 h de train et 15 kilos sur le dos. Il y a une laverie 24h/24 ça vaudrait le coup de se faire bercer par les grincements des machines à laver. J’ouvre mon sac, sors mes affaires et commence à faire mes marques. Là, une patrouille de policiers passe :  « What are you doing here mate ? » Même topo. Je leur demande si je peux dormir au poste…  Ils partent en riant, et me font partir aussi. Il est presque minuit quand je reviens au motel à riches avec la gentille dame. La nuit à 150 dollars,….. j’en ai juste 10 en réserve dans ma chaussette de gauche.. Mais la dame de l’accueil va m’aider :

« Ok, ça reste entre nous, tu vas dormir dans la chambre, il faut juste que tu te lèves avant 7h et que tu partes vite. »

« OK no worries »

« Et lave toi quand même ! « 

Je dors comme un roi, le frigo de la suite est aussi plein de nourriture. Demain, avant 8 heures, je me lèverai et me ferai la malle. Mais l’envie de remercier cette dame est trop forte, je veux lui parler avant de partir. Dans l’accueil, il y a le patron. Elle me fait un clin d’œil quand je ferme la porte en verre de l’entrée.

Le cœur du pays, où l’outback. Plat. Je deviens un Jackaroo en entrant dans une cattle&sheep station près de Longreach. Ici, la lumière du soleil est si forte qu’elle fait saturer le bleu du ciel, et le rouge de la terre. « Terre rouge », Tanamera, c’est d’ailleurs le nom de la station dans laquelle je vais apprendre à travailler le bois, le fer pour faire des paddocks.

Travailler aussi avec les moutons, les chèvres et les vaches. Les routes sont devenues des chemins de terre depuis longtemps, sur lesquels je fonce avec le 4×4 Toyota.

Souder, fabriquer des poteaux pour les clôtures, aligner les barbelés, couper du bois, rassembler le troupeau en moto et en avion. Et voir les étoiles toucher le sol quand la nuit tombe…

                                                   – Tanamera : la station de la terre rouge –

Certains paddocks se trouvent à des dizaines de kilomètres de la maison. Pour aller au Black Cow Paddock ce matin, je dois faire 10 km de pistes dans la propriété, puis 12 km sur un chemin, et encore 5 km dans le paddock. Ce panneau se trouve là, en plein milieu de rien. Longreach, 57 km.

Smoko ! La pause de 10 heures. On arrête le poste à souder, on revient au 4×4. On prend quelques branches, et on va faire bouillir le « billy ». Ici, avec un jackaroo (photo) et une jillaroo : Marc et Nat.

Fabriquer, mettre en place les posts. Placer les fils. Tendre les barbelés avec les strainers.

                                                  – Premier rassemblement de troupeaux –

Tanamera est une station de bétail, avec aussi quelques moutons et chèvres. Comme les gens d’ici,  les animaux aiment les grands espaces. Ils vivent dans des paddocks de quelques centaines d’hectares. Quand le troupeau doit être rassemblé, l’avion devient indispensable pour le repérage des bêtes dans la parcelle infinie. Le pilote repère les bêtes, puis transmet le message par radio aux motards et cavaliers.

Les bêtes les plus tenaces tentent de s’échapper… Celles qui réussissent sont rattrapées, attachées à l’arrière de la voiture puis ramenées au troupeau qui est dirigé vers le yard. Le voyage sans effort quoi ! Le gros effort c’est arriver à capter la bestiole, une fois que tu l’as, tu fais ce que tu veux avec. Tu lui ligotes les pattes d abord, puis tu la soulèves pour la caler sur l’arrière du pickup. Tout doux c’est vivant.

Avec les vaches, il y a d’autres précautions à prendre. Surtout que tu peux pas t’amuser à la prendre comme une chèvre. Tu vas pas arriver à lui ligoter les pattes si facilement.

                                                  – Autres formes de travail –

Découpage et préparation de portails.

On fait ça quand le temps ne veut pas qu’on fasse autre chose : il pleut, ça fait de la boue. Hier je me suis enfoncé (stuck in the mud !!) dans une flaque de boue avec le Patrol, pourtant j’étais en 4×4, mais il n’y avait rien à faire. OK donc je suis coincé et seul. J’appelle Wally avec le talkie walkie. Plus de batteries !! Et là, t’es seul au monde ma parole ! Je viens de faire 10 kilomètres en 4×4 pour aller chercher des tuyaux à découper, je me plante. Ok 10 kilomètres à pied ! 2 heures après, j’arrive à la maison, et évidemment on règle ça en moins d’une demi heure… Bon c’est pas tous les jours que l’on est si peut efficace… Ça rassure.

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Corvée nettoyage de l’avion, corvée vraiment ?

    – Loisirs de cow boy –

Après la journée de travail, une petite virée en moto, pour explorer les meilleurs coins de la propriété. Immense. Je dérange quelques « black kangooroos » avec ma Yamaha qui pétarade… Silence maintenant.

Et place au vertige, à l’horizontale…. (si tu vois la moto sur la photo t’as de bons yeux)

Grimper en haut d une windmill pour admirer le paysage et mater les kangourous.

Le soleil qui se couche sur la terre rouge, les kangourous noirs vont sortir.

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