A Sarajevo, en Noir et blanc


A Sarajevo, on fait valser les pigeons de la place Sebilj.

A Sarajevo, on prend le tramway et on observe.


A Sarajevo, on évite de justesse (d’un mètre et une quinzaine d années) une bombe lâchée pendant la guerre.

A Sarajevo, on regarde la bibliothèque nationale lentement se reconstruire.

A Sarajevo, il y a le quartier turc, le quartier autrichien, le nouveau quartier ….

A Sarajevo, on regarde les joueurs d échecs sur la place principale.

A Sarajevo, on passe dans le tunnel, chemin de l espoir pendant la guerre.

A Sarajevo, on marche la main dans la main avec nos sacs. On part pour l’une des dernières destinations de notre voyage : Belgrade, Serbie.

Entre Mostar et Sarajevo

Entre Mostar et Sarajevo…on est en train.

Le train de Mostar  est comme une attraction du Parc Astérix : des ponts, des tunnels, des wagons qui penchent…. mais pas de looping.

Dans le train on apprend le bosniaque, on sort la tête, on prend des photos, on s ennuie, on rigole, on a froid, on a chaud….Tout a l heure, on arrivera a Sarajevo…les pieds dans l eau et le ciel qui nous tombe sur la tête !

On retrouvera Belma, une étudiante croate rencontrée entre Dubrovnik et Mostar, par hasard elle avait reconnu notre accent et s’était retournée : « Je peux parler français avec vous ? »

Mostar : l’oeil des lynx

Pourquoi passer deux fois au même endroit dans une ville comme Mostar, ravagée par les conflits bosnio-croates il y a 15 ans…?

Ce deuxième tour nous a arrêtés sur trois points. Amis les lynx, ouvrez les yeux.

No comment.

Quand les bâtiments administratifs, ponts et voies publiques sont reconstruites a grands coups d aides européennes, les maisons individuelles, elles, mettent plus de temps a se reconstruire. Sur l’ ancienne ligne de front de Mostar, coté rivière, on trouve ça : a droite, une fenêtre décorée d autocollants Winnie l Ourson, et a gauche, ce qui reste de 1994. On reste colles a cette image qui nous glace.

Une vieille dame nous interpelle a cet endroit. Elle a reconnu notre accent français du sud ouest. Zeneida est  bosniaque, elle est partie a Montpellier avec son fils (en 1993). Elle revient ici 16 ans apres. « Vous voyez, il reste des traces (nous dit elle en français), mais heureusement que ça change. Mon fils s est marié avec une croate !  »

« L’ amour n’a pas de frontières! » Zeneida


Plus loin sur la ligne de front, les arbres, qui ont pris les places au snipers d’antan, ont trouve la solution pour se reconstruire !!!

Mostar en 2009, ou les stigmates de la dernière décennie

En Bosne e Herzegovina, nous avons pour projet de comprendre et revisiter les conflits de la dernière décennie. On arrive a Mostar, une ville divisée par la rivière Negretva, et divisée et deux peuples essentiellement : les croates et les bosniaques. En 1993-1994, les conflits entre les 2 peuples s accentuent, et on s envoie des bombes de chaque cote de la rivière. Il reste deux traces hors de la ville : d un cote de la montagne, une croix chrétienne. De l autre cote : une inscription qui l affronte : « Tito on t aime ».

On découvre d abord une ville en vieilles pierres qui nous rappelle certains villages typiques aveyronnais…à quelques détails près.

Le pont, détruit par un missile, a été reconstruit il y a 5 ans. plus de 20 mètres de haut. C est l icône de la ville. Certains garçons sautent du haut du pont, mais on en a pas vu ce jour la…ça caille en ce moment.

La photo inévitable. Il ne manque plus qu un  petit Welcome to Mostar et une obliteration et la carte postale est faite.

Rapidement, on sort du vieux quartier….

Sur la ligne de front qui sciait la ville en deux ( parallèle a la rivière ), nous nous permettons ce que nous ne pouvions imaginer il y a quelques années. On le fait, mais pas longtemps… Contrairement aux autochtones, on a du mal a s habituer.

Il n y avait pas que des snipers par ici…

Elles sont éloignées, mais de cet angle, elles semblent proches. La mosquée et l église ont été reconstruites.

Avant après…en temps reel.

Ça se reconstruit. Passer dans cette ville est une nouvelle expérience. Les traces sont si visibles. Mais les gens qui vivent se sont bien accoutumes. Stoïques, ils trépassent dans les rues. Les vieux jouent aux échecs. Les jeunes vont a l école. Parler avec les jeunes de notre génération est aussi une forte expérience.